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OPINION - Desdunes, une commune d’une fierté fanée

Mis à jour : 6 juil. 2019


Au-delà de l’histoire d’Haïti qui a impressionné le monde. Desdunes, une commune dans le département de l’Artibonite a aussi une histoire qui a impressionné tous les Artibonitiens. La commune est connue pour sa culture de jeu de bâton du riz et Lalo et beaucoup d’autres, mais surtout de l’attachement et de la fierté à son égard de ses fils et filles un peu partout à travers le monde.


En guise de rappel dans le temps, c’était la population ayant plus de largesse dans le département. Un Desdunien était plus fier à donner que de recevoir et ceci pour raison d’orgueil. Un comportement qui le rend prétentieux aux yeux de tous ceux qui le regarde. Un desdunien n’espère rien de personne et croit que le seul moyen de rester indépendant et protéger son respect, c’est de gagner son autonomie financière dignement et investir dans sa progéniture. Un desdunien est toujours fier de dire que son enfant a atteint un niveau que lui-même n’a pas pu atteindre et pour avoir ce privilège, il est prêt à payer quelle que soit la somme exigée. Pour un Desdunien, ces genres de choses n’ont pas de prix et c’est aussi valable pour la famille. Un desdunien est toujours fier de faire valoir sa famille et a toujours une référence « je suis le fils ou la fille de telle ou telle personne ayant accompli de grandes choses dans le temps…”.


Desdunes, la commune qui recevait plus de migrants dans le département grâce à une structure économique stable, mais peu organisée qui était surtout engendrer par l’agriculture d’une paysannerie engagée, assiste aujourd’hui à un effondrement presque complet de son système agricole. Pas de ressources nécessaires, les produits sont chers et encore plus ils sont de mauvaise qualité.


Comment en est-on arrivé là ? Ça devrait être la question idéale ? Si on analyse ces derniers temps, on choisit des personnes pour nous représenter et malheureusement les élections sont souvent truquées et seuls les plus possédants ont la plus forte chance d’accéder au pouvoir. Ce qui revient à comprendre qu’on est dans une véritable lutte pour le pouvoir sans une capacité réelle pour poser les vrais problèmes pour le redressement de l’agriculture de la région. De deux, on est toujours dans des situations d’insatisfactions qui font toujours des frustrés et qui aboutissent souvent à des revendications qui vont plus tard provoquer un chambardement du président ou un renvoi de gouvernement qui sera ensuite remplacé par un de transition et, au milieu, des scènes de pillage, de vols et d’anarchie qui rend encore plus fragile l’économie. Quand l’économie va mal, le pays en fait les frais et Desdunes aussi paiera les conséquences.


Desdunes dans le temps, terre d’accueil, se trouve dans une situation où il ne fait que constater. Aujourd’hui, on a perdu la fierté de donner au contraire, on est impatient de recevoir même le riz qu’on était dans le temps maître en matière de production. Comme tout le pays Desdunes est à genoux. Ses fils et filles, et même les autorités regardent avec impuissance cette situation qui dure déjà depuis trop longtemps. L’accès au pouvoir par le député Levaillant Louis-Jeunes a permis à la commune de bien se positionner sur la scène politique. Président de la Chambre des députés, Desdunes ne pouvait espérer mieux en termes de visibilité. Mais sur un point de vue structurel et en termes de réalisations, on se pose des questions. Des questions auxquelles l’actuel député Baudelaire Noelsaint avait promis des réponses “Nou pral goumen ak leta a”. Résultat, la situation reste inchangée et encore beaucoup plus de questions allant jusqu'à mettre en doute la capacité du député. Toujours il y a un conflit ouvert entre les députés et une administration communale divisée entre ses membres même sur les questions les plus fondamentales de la commue et inconsciente de sa véritable mission. Une jeunesse sur qui devrait reposer l’avenir jusqu’à présent se cherche et ne fait plus confiance. Une diaspora qui désire voir changer la commune, mais qui ne manifeste pas une volonté réelle de s’impliquer directement que de se présenter aux élections. Des intellectuels complexes et compliqués, qui ne peuvent même pas s’unir voire faire des propositions. Des médias qui n’ont pas une véritable raison d’être. Enfin beaucoup de choses.

Il est sûr et il est dit aussi que l'Haïtien est fier de son pays, fier de sa patrie, la Première République NOIRE indépendante. Au-delà de ces mots, il y a aussi l’action. On dit qu’une action vaut plus que 1000 mots (...). Au-delà des projets, au-delà des paroles, au-delà de la pensée, que va-t-on faire pour changer cette commune ? Quelle est la meilleure proposition pour une unification ? Jusqu'à quand ce dépassement pour briser toutes ces frontières ? Frontière qui nous empêche de voir le développement de la commune, frontière qui nous empêche d’aider les autres à avancer. Au-delà de toutes ces considérations est-il suffisant d’être seulement fier de son pays et de sa commune ? La question est à vous chers lecteurs...


Jean Moscardy / Journaliste

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